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Conseils n° 016

Portage VTT : où prendre le cadre, comment charger l'épaule et quand pousser

Où prendre le vélo, comment le charger sur l'épaule, quel système de portage et dans quels cas il vaut mieux pousser ou rester en selle en cross-country.

Pilote de VTT cross-country portant son vélo sur l'épaule dans une montée raide et rocheuse en forêt
Points de passage
  1. Rouler, pousser ou porter : le calcul qui décide
  2. Où prendre le cadre, et où ne pas mettre les mains
  3. Charger l'épaule sans casser la nuque
  4. Sangle, harnais ou rien du tout
  5. Ce qui rend le portage plus dur qu'il ne devrait
  6. S'entraîner à porter, c'est du temps gagné en course
  7. Quand le portage est le mauvais choix
  8. Voir le geste en entier
  9. Le test à faire sur la prochaine sortie

Un raidillon à 18 %, deux racines en travers et la vitesse qui tombe sous les cinq kilomètres par heure : à cet instant, chaque pilote de VTT cross-country se pose la même question. Rester en selle et perdre trente secondes à patiner, poser pied à terre et pousser le vélo, ou le basculer sur l'épaule et monter à pied plus vite qu'avec les pédales.

Le portage n'a rien de glorieux, et c'est sans doute pour ça qu'il se travaille si rarement sur un VTT. Il revient pourtant sur la majorité des parcours de cross-country : épingles trop raides, marches rocheuses, bourbiers, singles défoncés par les passages. Trois minutes de portage bien exécutées valent souvent mieux qu'un quart d'heure à glisser sur place, et la différence ne se joue pas sur la force mais sur la position du cadre contre le corps.

Rouler, pousser ou porter : le calcul qui décide

La première erreur, en VTT XC, est de croire que porter est toujours l'option du coureur qui va vite. Il existe trois façons de franchir une difficulté, et le bon choix dépend seulement de la pente, de l'adhérence et de la longueur du passage.

Pousser, vélo à côté de soi et mains sur le guidon, reste la solution la plus économe sur une montée longue et régulière. Le cœur se cale, les jambes travaillent en marche, le vélo avance sans effort particulier. Sur une rampe courte et très raide, c'est l'inverse : posé à côté du vélo, on progresse à la vitesse d'un piéton en tractant un poids mort, et cette dépense cardiaque revient plus tard dans la course.

Porter devient rentable dès que la roue arrière ne trouve plus d'adhérence, ou que le vélo doit être soulevé au lieu d'être roulé. Dans une marche rocheuse ou un enchaînement de racines, les mains libres changent tout : on s'aide du rocher, on garde l'équilibre, on enjambe sans lutter contre le vélo.

SituationCe qui fait gagner du tempsPourquoi
Montée longue et régulière, 6 à 10 %Rester en selleLa vitesse au sol reste supérieure et le cœur tient dans une zone récupérable
Rampe courte à plus de 15 %Porter sur l'épauleLa roue arrière patine, et marcher à côté du vélo coûte plus cher qu'avancer à pied avec lui
Marche rocheuse, racines en traversPorterLe vélo se porte au lieu de se rouler, et les mains restent disponibles
Bourbier profond sur cent mètresPousser ou porter selon la largeurLes roues se bloquent, mais porter dans un single étroit déséquilibre
Descente cassanteRester en selleLe portage y fait perdre du temps, et surtout de la sécurité

La dernière ligne compte autant que les autres. Beaucoup de pilotes descendent de vélo au premier passage qui les impressionne, alors que le vélo passe. Travailler la technique de descente fait gagner plus de secondes qu'un portage maîtrisé, parce qu'une descente se roule à chaque tour.

Où prendre le cadre, et où ne pas mettre les mains

Un VTT de cross-country pèse de l'ordre de 9 à 10 kg en carbone, et souvent plus de 13 kg en tout-suspendu de loisir. Sur une épaule, ces trois ou quatre kilos se sentent au bout de cinquante mètres : la prise du cadre doit donc être stable avant d'être élégante.

Deux points de contact suffisent. Une main se ferme sur le tube supérieur, juste derrière la douille de direction, à l'endroit où le cadre est le plus rigide et le plus dégagé. L'autre main vient soutenir le tube diagonal plus bas, ce qui empêche le vélo de basculer vers l'avant et permet de le lever au-dessus d'un obstacle.

Ce qu'il ne faut pas attraper est plus important que le reste. Les gaines et les câbles s'écrasent et se dérèglent dès qu'ils servent de poignée. Le levier de frein et la manette de dérailleur ne supportent pas le poids du vélo. La selle, seule, fait pendre la roue avant et donne l'impression de porter une charge vivante. Et le guidon, pris seul loin du cadre, transforme chaque mouvement de la roue avant en couple dans le poignet.

Mains gantées qui tiennent le cadre d'un VTT lors d'un portage, une main sur le tube supérieur et l'autre sur le tube diagonal
Une main sur le tube supérieur derrière la douille de direction, l'autre sur le tube diagonal : le vélo ne bascule plus.

Charger l'épaule sans casser la nuque

Le vélo se pose sur le muscle de l'épaule, pas sur le creux entre l'épaule et le cou. C'est la différence entre porter dix minutes sans y penser et devoir s'arrêter au bout de trente mètres avec une douleur dans le trapèze.

La position classique place le tube supérieur en travers de l'épaule, la roue avant vers l'avant et légèrement au-dessus, la roue arrière dans le dos. Une main tient le cadre devant, l'autre peut se libérer pour s'aider du terrain. La tête se penche du côté opposé au cadre, sinon le casque vient buter contre la selle à chaque pas.

Il existe une variante en travers du dos, le vélo en diagonale, tenue d'une main derrière et de l'autre devant. Elle soulage l'épaule sur les longues portions, mais elle déséquilibre dans les passages étroits et demande un peu d'habitude avant d'être plus rapide que la position à l'épaule.

Deux réglages se vérifient avant la course, pas pendant. Le premier concerne le guidon : sur certains cadres, la longueur de potence fait que le cintre vient frotter contre la hanche ou la cuisse à chaque pas. Le second concerne la selle : plus elle est haute, plus elle gêne le passage du cadre derrière l'épaule. Rien de tout cela ne se corrige au milieu d'une montée.

Sangle, harnais ou rien du tout

Une sangle de portage VTT se clipse sur le cadre, généralement au raccord du tube supérieur et du tube diagonal, et vient reposer sur l'épaule. Le cadre ne rentre plus dans le muscle, la charge se répartit, et les deux mains deviennent libres. Sur une portion de portage courte, les mains suffisent largement. Sur une répétition de montées à pied ou sur une sortie longue où les passages s'enchaînent, la sangle change le confort des dernières heures.

Les modèles vendus dans le commerce tournent autour de quelques dizaines d'euros, avec une partie rembourrée au niveau de l'épaule et des crochets garnis pour ne pas marquer le cadre. Un point se contrôle avant de partir : rien ne doit pendre. Une sangle mal rangée qui vient fouetter la roue arrière ou s'accrocher à une branche coûte plus cher que le confort qu'elle apporte.

Le gain réel de la sangle dépend aussi de ce qu'on porte. Alléger le vélo de deux kilos se remarque immédiatement à l'épaule, ce qui explique pourquoi la question du poids du vélo revient si souvent chez les pilotes qui courent sur des parcours avec portage.

Sangle de portage VTT rembourrée accrochée au tube supérieur d'un cadre de VTT posé sur un établi
Une sangle bien accrochée au cadre et rien qui pend : le confort sur les dernières heures de course.

Ce qui rend le portage plus dur qu'il ne devrait

Un portage raté vient rarement du manque de force. Il vient de trois choses qui bougent autour du vélo et du corps, et qui se règlent la veille.

La première est le chargement. Une sacoche de cadre qui bat contre la cuisse à chaque pas, un bidon mal clipsé qui saute au premier appui, une poche ouverte qui vide son contenu : tout cela se règle en vidant ou en resserrant ce qui ne sert pas pendant la portion portée. Le second point est le sac d'hydratation : les sangles qui pendent dans le dos finissent par se prendre dans la selle, et il vaut mieux les serrer avant la montée qu'au milieu.

Le troisième est le contact avec le sol. Un cadre mouillé glisse dans une main gantée trop épaisse, et des chaussures de cross-country dont les cales se remplissent de boue compliquent chaque remise en selle après le portage. Ce sont des détails sans importance sur trente mètres et des vraies pertes de temps sur une course de trois tours.

Quand plusieurs portages sont annoncés au programme, la préparer son vélo la veille d'une course prend cinq minutes de plus et évite de découvrir au premier tour qu'une sangle traîne ou qu'un bidon manque.

S'entraîner à porter, c'est du temps gagné en course

Le portage VTT sollicite le corps d'une façon que le pédalage n'entraîne jamais : un bras en contraction continue, le tronc qui résiste au déséquilibre, la ceinture scapulaire qui stabilise. C'est exactement le type de charge qu'un travail de renforcement musculaire prépare en quelques semaines, et qui se paie cash au troisième tour quand rien n'a été fait.

La séance la plus rentable n'est pas en salle, elle est sur les parcours habituels. Choisir une montée connue, très raide et courte, et la franchir trois fois de suite : une fois en selle, une fois en poussant, une fois en portant. Noter le temps et la respiration à l'arrivée. Le seuil où le portage devient plus rapide est souvent plus bas qu'on ne l'imagine, et il n'est pas le même selon la pente et selon le pilote.

La passage de virage et les relances se travaillent de la même manière : sur un tronçon répété, en comparant deux solutions plutôt qu'en écoutant des impressions. C'est ce qui distingue une technique utile d'un geste répété par habitude.

Quand le portage est le mauvais choix

Il faut aussi savoir ne pas porter. Sur une montée longue et modérément raide, le vélo roulé ou poussé coûte moins d'énergie et va plus vite, sauf à être plus à l'aise à pied qu'en selle. Sur un terrain où le vélo passe avec un peu de technique, descendre à la première difficulté coûte des secondes à chaque tour sans rien régler.

Le portage devient également un mauvais choix quand il masque la suite du parcours. Avec un cadre en travers de l'épaule et la tête penchée de côté, on voit moins bien le sol devant soi, et une réception mal anticipée se termine avec le vélo par-dessus. Dans un single étroit bordé d'arbres, un vélo porté en travers du dos accroche tout ce qui dépasse.

Reste la question du dos. Un pilote qui souffre déjà des lombaires en position assise n'a rien à gagner à porter un vélo sur une épaule, sauf si la cause du mal a été identifiée et corrigée. Le portage ajoute une contrainte asymétrique à une chaîne déjà sensible, et cette contrainte se paie le lendemain.

Voir le geste en entier

Le placement du cadre sur l'épaule et la prise des deux mains se comprennent mieux en images qu'en texte. Cette vidéo montre la mise en place du vélo, le passage de l'épaule et la marche avec la charge, geste par geste. À regarder tranquillement avant d'avoir à le refaire dans une montée.

Le test à faire sur la prochaine sortie

Sur votre prochaine sortie VTT XC, prenez une montée courte et raide que vous connaissez par cœur. Chronométrez-la deux fois : une fois en restant en selle, une fois en portant le vélo sur l'épaule. Regardez la respiration à l'arrivée, pas seulement le temps affiché. La réponse dépend du pilote, de la pente et du revêtement, et elle sera valable pour toutes les courses suivantes.

Un dernier point, souvent oublié : répétez la prise du cadre à froid, devant chez vous, avec les gants et le casque que vous portez en course. Deux minutes suffisent pour savoir si le cintre frotte la hanche et si la selle gêne le passage du cadre derrière l'épaule.

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